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MESSAGE DU PRESIDENT DE L'UNIR MN
A L'OCCASION DE LA GRANDE MESSE POUR LA PAIX
ET LA RECONCILIATION NATIONALE
EN MEMOIRE DE TOUS LES MORTS DU CONGO-ZAÏRE
Kinshasa, Cathédrale Notre Dame, 30 juillet 2005

Très chers compatriotes,
Filles et fils de la Patrie,
En ces moments difficiles où les armes, la misère et la division continuent de détruire quotidiennement tout ce qui nous est cher, le message qu'il m'échoit de vous adresser en ce jour est un message de rassemblement et de résistance, un message d'éveil patriotique, de lutte contre l'inconscience et contre les diverses formes de violence que subissent les filles et les fils de notre chère patrie principalement dans nos terres orientales du Kivu et de l'Ituri. Nous devons nous rassembler au-delà de nos frontières idéologiques pour faire face à l'adversité. Le deuil que nous portons de tant de nos compatriotes morts depuis l'agression de notre pays en octobre 1996 doit nous faire prendre conscience sur cette amère vérité : quand un peuple comme le nôtre cesse, par suite de son manque absolu de pulsion de vie et d'instinct de conservation, de pouvoir être un allié actif dans ses relations avec les pays voisins, il tombe tout simplement au rang de peuple esclave et sa patrie éprouve le sort réservé à une colonie. L'extermination de tant de filles et fils du Congo quelles que soient leurs origines doit être un avertissement pour la nation afin qu'elle se souvienne toujours que de telles horreurs ne doivent plus jamais se renouveler. Les filles et les fils du Congo ne sont pas morts pour rien. Nous devons honorer leur mémoire. Notre pays aujourd'hui vaincu et occupé dans son âme, connaîtra la victoire grâce à votre détermination. Il la connaîtra aussi et surtout par la révolte du corps et de l'esprit devant l'horreur dans nos terres orientales du Kivu et de l'Ituri, comme partout dans la République. Nous sommes écrasés par la douleur de la mort de nos compatriotes, mais nous ne devons pas faiblir. L'espérance ne doit pas disparaître. Nous devons arrêter de pleurer et de demander toujours de l'aide à l'extérieur pour défendre notre cause. Notre présence en ce lieu sacré doit être pour nous l'occasion de sécher une dernière fois nos larmes et de taire définitivement nos dissensions. Nous devons rendre hommage à nos morts. Nous devons nous réconcilier avec nos morts. Nous devons reconnaître et assumer toute l'histoire, même la plus douloureuses de notre patrie. Dorénavant nous devons être conscient qu'aucun fils ou fille digne de notre pays ne peut prétendre résoudre seul la crise que traverse notre pays. Nous devons donc nous unir pour revenir ensemble à notre propre source. Pour cela, nous devons nous prendre tel que nous sommes pour mener à bien, malgré d'immenses difficultés, une rénovation profonde, qui conduise les filles et fils de notre patrie à plus d'aisance, de sécurité, de joie. Nous devons nous rassembler pour conserver l'unité encore fragile de notre pays, conquise avec tant et tant de peine. Nous avons à assurer ensemble le destin du Congo-Zaïre au milieu de tous les obstacles qui se dressent sur sa route et sur celle de sa paix intérieure. Nous devons demeurer assez lucides et assez forts pour observer des règles de vie nationale qui tendent à nous rassembler quand, sans relâche, nous sommes portés à nous diviser contre nous-mêmes ! Tous les filles et fils de la patrie, où qu'ils se trouvent, doivent puiser dans cette communion de destin une prise de conscience patriotique et citoyenne, une nouvelle espérance et un nouveau courage. La conviction que maintenant, malgré tout, la victoire des filles et des fils du Congo-Zaïre contre l'adversité est inéluctable, doit s'emparer de nous mais avec prudence et intelligence. Le torrent d'une foi splendide doit se déverser maintenant dans nos cœurs et nous engager avec assurance dans la voie de la réconciliation, de la reconstruction.
Je forme donc le vœu que nous puissions à l'avenir contribuer à plus d'humanité et à plus de dignité pour notre peuple afin qu'in fine, il puisse enfin disposer de lui-même et de sa terre. Que la providence dans son pouvoir nous accorde la force nécessaire pour résister à la souffrance et à la misère ! Que la raison nous guide et que la volonté soit notre force ! Que la mission sacrée qui dicte nos actes nous donne la persévérance et que notre foi en notre patrie Congo-Zaïre reste pour nous l'arme suprême contre l'adversité.
Chers compatriotes, quelle que soit la durée des ténèbres, ne perdez pas espoir, un jour la lumière apparaîtra au Congo-Zaïre.
Frédéric Boyenga Bofala
Président de l’UNIR MN
www.unir-mn.org
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