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INTERVIEW REALISEE PAR CONGOINDEPENDANT.COM
Article publié le 28 juillet 2008
Questions directes à Frédéric Boyenga
Président du parti UNIR-MN (Union pour la
République-Mouvement national), docteur en droit public,
Frédéric Boyenga Bofala, 48 ans, commente quelques
sujets d’actualité en RD Congo. Congoindependant.com se
propose d’inviter, à la fin de chaque mois, un acteur
politique pour commenter «l’actualité du mois» au
Congo-Kinshasa. Les représentants des forces sociales
seront également invités.
La
France, pays des droits de l’Homme, vient de dérouler le
tapis rouge sous les pieds de Joseph Kabila. Et pourtant
le régime Kabila est loin d’être un modèle de référence
en matière de respect des droits humains. Quel est votre
commentaire, vous qui vivez depuis plusieurs années en
France ?
Ma réaction s’articule sur deux aspects. Le premier
porte sur la «souveraineté diplomatique» de la France.
La République française est libre de recevoir un
«président élu». Il y a eu des émissaires envoyés à
Kinshasa et à Paris. Je tiens cependant à préciser, en
second lieu, qu’il y a aussi un «lobby» de certains
chefs d’Etat africains qui a œuvré pour que cette visite
ait lieu. Ne perdons pas de vue que la France, en tant
qu’Etat, a des intérêts qui ne sont pas nécessairement
ceux des Congolais. Nous devons cesser de nous plaindre
chaque fois que la France reçoit un dirigeant africain.
Il nous appartient de nous battre pour faire entendre
notre cause à l’instar d’autres nations africaines.
Pendant ce temps, le monde occidental se jette à
pieds joints sur les «dictateurs» zimbabwéens et
soudanais. Kabila est-il meilleur ou moins mauvais que
Robert Mugabe et Omar Hassan El Béchir ?
N’oubliez pas que Mugabe a été reçu à Rome avant d’être
vilipendé.
C’était dans le cadre d’une conférence internationale
organisée par la FAO…
Bien entendu. Revenons à votre première question.
Comment voulez-vous qu’on rappelle à ce «Monsieur» {Ndlr
: Joseph Kabila} ses obligations et les méfaits de sa
politique, sans pour autant le rencontrer ? Je tiens à
dire que la rencontre à Paris avec le président Nicolas
Sarkozy n’a pas été un franc succès.
En tous cas, ce n’est pas ce que disent les
kabilistes…
Les déclarations faites à l’issue de cette entrevue avec
le président français sont éloquentes. Il ne faut pas
perdre de vue – même lorsqu’on vient demander à la
France d’agir pour que le FMI assouplisse ses conditions
– que cette facilité n’est accordée qu’à des Etats
«exemplaires» au niveau de leur gestion. Vous demandez à
la France d’intervenir auprès du FMI et la Banque
mondiale. Dans le même temps, vous signez des accords
qui ne cadrent pas avec la législation internationale.
Je fais allusion aux contrats signés avec des
entreprises chinoises.
A Paris, les observateurs ont relevé la «faible
mobilisation» des opposants congolais venus chahuter
Kabila. A quoi attribuez-vous cette situation ?
Le Congolais a un goût frénétique pour l’argent. Une
«opération» a été menée à Paris par le régime. Des
«enveloppes» ont été distribuées dans certains milieux
congolais. L’objectif était clair : une
contre-mobilisation. Je peux cependant vous dire que les
manifestants présents ont fait entendre leurs voix. A
preuve, il y a eu des interpellations.
Quel est votre sentiment après le meurtre du
vice-président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa,
Daniel Botethi ?
L’insécurité que vit le Congo a commencé depuis 1997.
Depuis cette année, le «convoi de morts» ne s’est jamais
arrêté. Aujourd’hui, nous pleurons Daniel Botethi. Hier,
nous avons assisté au meurtre du journaliste Franck
Ngycke, Mwamba Bapuwa et Serge Maheshe. Les Congolais
ont la mémoire courte. Ils feignent d’oublier que le
régime en place n’a atteint aucun objectif pour la
stabilisation du pays. D’aucuns avaient laissé entendre
que les élections faciliteraient des véritables
négociations génératrices de paix au Congo. C’est tout
le contraire qu’on voit. Comme par hasard, ce sont les
agents publics censés assurer la sécurité de la
population qui sont à la base des violences infligées
aux citoyens. Les Congolais vivent dans un monde irréel.
Le Monsieur qui est à la tête du Congo, lui, est dans la
«réalité».
C’est-à-dire ?
Vous aurez l’occasion de palper la réalité au moment du
«départ» de ce Monsieur. La mission de celui-ci n’est
pas de stabiliser le Congo. Si la stabilisation figurait
dans ses objectifs, les problèmes d’insécurité auraient
été résolus. L’homme a réussi à duper toute
l’intelligentsia congolaise. Je suis tenté de lui rendre
«hommage». Je cherche à comprendre comment toute une
génération d’hommes et femmes - censés incarner
l’intelligence de notre pays – s’est laissée
compromettre dans une aventure sans lendemain. Comment
peut-on soutenir un régime qui n’apporte que des pleurs
et du sang ? En vérité, les Congolais sont complices. Au
lendemain de la mort brutale de Daniel, les
parlementaires du MLC avaient annoncé avec fracas leur
retrait des institutions. Que voit-on ? Les
parlementaires de ce parti ont mis un bémol en reprenant
leurs places. Les Congolais ont tort de traiter le
«Monsieur» qui trône à la tête du Congo d’incompétent.
Ce Monsieur est, en vérité, plus malin que nous. Il
suffit de se poser des questions sur son parcours.
Qu’en savez-vous à ce sujet ?
Les Congolais sont devenus amnésiques au point d’oublier
que cet homme était jadis le bras droit de l’actuel chef
d’état-major de l’armée rwandaise. Etrangement, plus
personne ne pose cette question cruciale : d’où vient-il
? Je ne parle pas de la nationalité.
A quoi est due cette «amnésie» ?
L’élite congolaise est tout sauf clairvoyante.
Il n’y a pas que l’élite. La population congolaise
paraît résignée…
Non ! Un peuple n’a jamais conduit une révolution. Le
peuple se met toujours derrière un leader qui est appelé
à le canaliser. Aujourd’hui, on cherche désespérément un
leader. Hier, ce leader s’appelait Etienne Tshisekedi.
Tout récemment, on a parlé de «Mwana Mboka».
Devrait-on parler de lassitude comme le soutient
votre secrétaire général, Olivier Meskens ?
Bien entendu. Et ce d’autant plus que la population ne
dispose même pas du minimum vital.
Voulez-vous dire que le pouvoir en place a
délibérément clochardisé la population afin de la rendre
indolente et résignée ?
Les parlementaires congolais gagnent presque le même
traitement que les députés portugais. Pendant ce temps,
le dernier des Congolais vit avec moins d’un dollar par
jour. Cela veut dire qu’il n’y a point de communauté
d’intérêt entre l’élite au pouvoir et le reste de la
nation. Pensez-vous que ces gens sont prêts à abandonner
leur privata lex ? On assiste effectivement à la
lassitude d’une population qui n’attend plus rien du
monde politique. Il faudrait maintenant qu’il y ait une
dynamique et un autre courant. Même si ça doit être un
courant violent, il faut ce courant là pour apporter le
changement.
Revenons au meurtre de Daniel Botethi. Un des
prévenus a dénoncé le gouverneur de la ville de Kinshasa
comme étant le commanditaire de ce crime. Qu’en
dites-vous ?
Ma réaction à chaud est simple : la justice doit agir
rapidement pour entendre la personne citée ne serait-ce
au titre de témoin. Je ne pense pas que ce prévenu ait
pu prendre le risque de faire des affirmations sans
fondements. Si le gouverneur n’est pas entendu par la
justice, cela reviendrait à faire l’éloge de la
forfaiture qui continue à gangrener le pays. Notre
peuple est très émotif. Il oublie très vite. Se
souvient-il encore de l’affaire Bundu Dia Kongo ?
Lorsque les éléments de la police et de l’armée ont été
déployés dans la province du Bas-Congo, la propagande
officielle a claironné que le BDK était un groupement
armé. Comment peut-on expliquer que le leader de ce
mouvement - censé être le chef d’une bande armée - n’ait
pas été inquiété par la justice et continue à siéger au
sein de l’Assemblée nationale pendant que ses partisans
étaient, eux, pourchassés par les forces de sécurité?
Que voulez-vous sous-entendre ?
Je ne sais pas. Y a-t-il des accointances ?
Des accointances entre qui ?
Je n’en sais rien. La vérité finira par triompher…Je ne
suis pas ici entrain de porter des accusations à
l’encontre du député Ne Muanda Nsemi.
Les enquêteurs de la Mission de l’Onu au Congo ont
certifié que les adeptes de Bundu Dia Kongo n’étaient
pas armés
La Monuc a fait ce constat après coup. Il y a quelque
chose qui ne tourne pas rond dans cette affaire.
Au cours de ce mois de juillet, l’AFP a révélé
l’éloge fait à Laurent Nkunda, en avril dernier, par un
officier indien de la Monuc. Nkunda de son côté a
reconnu que son mouvement a été «aidé» par cet officier.
Selon vous, ce fait vient donner raison à ceux qui ont
toujours soutenu que la partie orientale du Congo fait
face à une instabilité organisée ?
Cette affaire est très grave.
Je signale que la Monuc a opposé un démenti par la
bouche de son porte-parole
La Monuc a démenti quoi ? Veut-elle dire que les
déclarations enregistrées par l’AFP n’ont pas été dites
par cet officier indien ? Que dire des photos où l’on
voit les hommes de Nkunda avec des soldats de la Monuc
bras dessus, bras dessous ? Depuis que la Mission de
l’Onu est au Congo, nous constatons pas mal de
désagréments au niveau de la population. N’a-t-on pas
accusé les hommes de la Monuc de violences sexuelles et
autre trafic d’or? Peut-on nous dire les avancées à
mettre à l’actif de la mission onusienne? Je ne suis pas
entrain de dire que le Congo doit se désengager
vis-à-vis des Nations Unies ou de la Monuc. Je veux dire
simplement que notre pays recèle de véritables
militaires formés, capables d’assumer les missions
confiées aux contingents étrangers de la Monuc.
Ne pensez-vous pas que les soldats étrangers de la
Monuc sont là justement pour combler le vide laissé par
l’absence d’une force locale ?
Je ne suis pas naïf au point de décréter que la Monuc
doit partir. Si j’étais aux affaires, à la place des
soldats indiens et pakistanais - lesquels sont loin
d’être mieux formés que les militaires ex-Faz, je
demanderai aux Nations Unies de faire appel aux
militaires congolais abandonnés à leur sort pour
accomplir les missions dévolues aux contingents
étrangers. Le constat est là : les forces de la Monuc
peinent à sécuriser la population à l’Est. Des soldats
congolais placés sous la bannière onusienne auront la
conscience d’accomplir un devoir pour leur patrie. Dans
cette hypothèse, nous gagnerons avec les Nations Unies à
sortir le Congo de cette crise.
L’association de défense des droits humains «La Vois
de Sans-voix» a publié récemment les noms de plusieurs
officiers des forces armées congolaises détenus dans des
cachots secrets. C’est le cas notamment de Kelly Itulu
Bolemba. En parcourant le site Internet de votre parti,
on constate que «Kelly» n’est pas un inconnu pour vous.
Quelle est votre réaction ?
Après la chute du régime Mobutu, le capitaine Kelly
Itulu Bolemba a passé plusieurs années en exil à
Brazzaville. Un jour, il a fait savoir à ses proches sa
volonté de rentrer au pays pour servir à nouveau sous le
drapeau. Il avait, selon ses propres dires, reçu des
«assurances» de la part d’un chef militaire qui dirige
actuellement la Force navale.
Vous voulez parler du général Didier Etumba…
Effectivement. Kelly était très proche d’Etumba.
Qu’entendez-vous par «proche» ?
Outre le fait qu’ils sont des frères d’armes, les deux
hommes appartiennent à l’ethnie Mongo.
Après «enquête», je crois pouvoir dire avec tristesse
que la chance de retrouver Kelly en vie me paraît mince.
Je vais tout doucement. Je parle tout doucement mais je
suis un homme blessé.
Ce n’est pas la première fois que vous tenez ce genre
de discours
Je n’ai jamais tenu un tel discours. Je peux vous
regarder droit dans les yeux pour vous dire que n’eut
été la félonie, la duplicité et les complicités de la
part de certains compatriotes, les choses auraient déjà
été changés au Congo. Je peux faire un compromis pour
changer la situation au Congo. Je n’accepterai jamais
une compromission.
Que faire pour promouvoir le changement au
Congo-Kinshasa ? Faudrait-il attendre les consultations
politiques prévues en 2011 ?
Je me sens nullement concerné par ces élections. Lors du
vote de 2006, je ne m’étais jamais enrôlé pour la simple
raison que les résultats étaient connus d’avance.
Que répondez-vous à ceux qui soutiennent qu’il n’y a
pas d’alternative à Kabila ?
Ces propos sont dénués de tout fondement. On peut dire
que l’opposition est absente. En revanche, il est faux
d’affirmer qu’il n’y a pas d’alternative au pouvoir en
place. Comme vous le savez, notre parti n’a jamais fait
partie de l’opposition institutionnelle.
L’opposition non-institutionnelle n’a pas l’air de
mieux se porter. La situation de l’UDPS constitue un
témoignage éloquent…
Notre parti, UNIR-MN, n’appartient nullement à
l’opposition non institutionnelle. Il fait partie de la
«Résistance». En tant que résistant, je n’accepte pas le
système en place. Je suis déterminé à changer l’ordre
établi sans adhérer dans le «canevas» de ceux qui se
disent opposants. Je suis pour le salut du Congo.
Cette résistance ne se limite-t-elle pas au niveau du
discours politique ?
Pas du tout ! Je ne suis pas là pour étaler toutes les
actions entreprises.
Pour le moment, en tout cas, Joseph Kabila «plane».
Il semble être le seul maître à bord …
C’est ce que vous croyez. Je vous ai dit précédemment
que nos actions sont retardées par des trahisons…Nous
poursuivons nos actions de manière intelligente et sage.
Il n’est point besoin de crier sur tous les toits. Je
peux vous dire que notre parti réussira la mission qu’il
s’est assignée de changer les choses au Congo.
Lors de sa récente visite en France, Joseph Kabila a
déclaré à des journalistes belges que le changement à la
tête de la diplomatie belge «c’est souhaitable !» pour
la normalisation des relations entre Kinshasa et
Bruxelles. Qu’en dites-vous ?
C’est tout simplement enfantin. Enfantin de la part
d’une personne qui se trouve à la tête d’un Etat. Et si
la personne visée réagissait dans le même sens ?
Pour vous, c’est donc une ingérence dans les affaires
belges ?
Naturellement. Et d’ailleurs, c’est ce que des Congolais
ont reproché au ministre belge des Affaires étrangères
Karel De Gucht. Encore une fois, la déclaration faite à
Paris met à nu des lacunes. Des insuffisances. Un
responsable politique ne parle pas avec autant de
légèreté. Les relations entre Etats se négocient. A
titre d’exemple, peut-on imaginer que les autorités
israéliennes déclarent qu’elles négocieront avec la
Syrie qu’à la condition que Bachar El Assad ne soit plus
au pouvoir ? C’est de l’enfantillage !
Le maire de Lubumbashi a décidé d’instaurer un «visa»
de séjour tant pour les étrangers que les Congolais
venant d’ailleurs. Quelle est votre réaction ?
Le Congo est encore un Etat unitaire mais décentralisé.
Dans certains milieux occidentaux, l’idée d’une
«Fédération du Congo» est entrain de se mettre en place.
En commençant cette interview, je voulais pose la
question suivante : le Congo survivra-t-il après cette
«aventure politique» ?
De quelle aventure politique parlez-vous ?
Le Congo vit une «aventure politique» depuis le 17 mai
1997 jusqu’à ce jour. Ce pays est menacé dans son unité
physique. Le maire de Lubumbashi n’a fait que relayer ce
qu’il entend auprès de certains entrepreneurs étrangers
au Katanga. Ceux-ci ne rêvent que d’une implosion du
Congo. L’histoire de notre pays est un éternel
recommencement : après la transition = avant la
transition ; après les élections est égal sinon pire
qu’avant les élections. Le maire de Lubumbashi devait
faire l’objet de poursuites judiciaires. En vérité, il y
a plusieurs plans pour démembrer le Congo. Le premier
prévoyait des méthodes violentes. L’opération n’a pas
marché. Un deuxième plan visant à la dislocation du pays
a été mis en route. «Le Congo est trop grand. Les
Congolais sont incapables d’administrer ce vaste
territoire qu’il faut morceler», dit-on. Le prétexte
trouvé est que le Congo fait face à une grande
instabilité et que les Congolais n’arrivent pas à se
mettre d’accord. Alors que les tireurs des ficelles sont
bien connus. Sous prétexte de fédéralisme, c’est la
scission du Congo qui est recherchée. Ce qui étonne
c’est le silence assourdissant au sommet de l’Etat.
Selon vous, l’arrestation du sénateur Jean-Pierre
Bemba est une affaire judiciaire ou une cabale politique
?
Sans vouloir jouer la carte «compassionnelle», j’ai eu
une pensée pour les enfants Bemba et leur mère pour les
tracas qu’ils sont entrain d’endurer. Quand le sénateur
Bemba dit «J’ai accepté l’inacceptable», est-ce au
profit du Congo et des Congolais ? On voit où tout ceci
l’a amené. L’inacceptable peut être une compromission.
M. Bemba savait trop de choses pour qu’on le laisse en
liberté. Je ne suis pas là pour défendre sa cause. Il
s’agit avant tout d’un fils du Congo. S’agissant du
dossier judiciaire, M. Bemba est accusé en sa qualité de
président du MLC. Ce qu’on ne nous dit pas c’est que le
président du MLC avait répondu à l’appel d’un Etat
souverain. Cet Etat souverain avait à sa tête un
président élu. Il va sans dire que les hommes du MLC
envoyés à Bangui étaient placés sous le commandement des
autorités centrafricaines de l’époque. Etrangement,
l’ancien chef d’Etat centrafricain n’est pas inquiété
par la justice internationale. Il en est de même de
l’ancien chef d’état-major de l’armée de ce pays.
On pourrait également citer l’actuel président
François Bozize qui était au moment des faits à la tête
d’une rébellion armée…
Bien entendu. Si la justice internationale veut être
acceptable dans le concert des nations civilisées, elle
doit arrêter ce genre de méthodes qui pourraient
conduire la CPI vers l’abîme.
Deux poids, deux mesures ?
Je ne vois même pas, dans le fond, l’attractivité de la
CPI. Nous avons suivi ce qui est arrivé à la voiture de
Mme Bemba. L’affaire Bemba est franchement une cabale.
Lorsqu’on saisi les biens d’un prévenu, on ne touche
guère aux effets qui servent aux besoins de sa famille.
Je peux comprendre que l’on mette sous scellé les
comptes du couple Bemba. J’ai du mal à m’expliquer
l’application de la même mesure sur les comptes de leurs
enfants. Tout ce qui a été fait jusqu’ici pousse les
gens à suspecter une manipulation.
Propos recueillis par B. Amba Wetshi
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