Mes Chers Compatriotes,
Filles
et
Fils
du
Grand
Congo-Zaïre,
Nous sommes
réunis
aujourd'hui pour célébrer
le
4
janvier, pour rendre
hommage
aux
martyrs
de
l'indépendance
du
Congo
et
aux
générations
précédentes qui
ont
supporté
tout
le
poids
de
la colonisation
et
ont
permis,
grâce
à
leurs efforts,
au
Congo
d'accéder
à
la souveraineté, c'est
donc
la
célébration d'un
événement
où,
lorsqu'il
y
a lieu, le
sentiment
de
la
victoire
et
de
la
défaite
se
mêlaient,
où
chacun
comptait
et
pleurait
ses
morts,
en
oubliant
parfois
de
s'émerveiller
que
de ces
morts
soit
née
la
prise
de
conscience
de
ce
qu'un
peuple
ne
peut
se
libérer
qu'en
faisant
quelques sacrifices.
Nous sommes
également réunis ce
jour,
pour
saluer
l'entrée officielle de
l'UNIR MN
dans
l'arène
politique
nationale.
A
cette
occasion
je
vous
invite
à
consacrer
cette
rencontre
à
une
réflexion
historique
et
philosophique
sur
l'avenir
du
Congo.
Sur
ce
que
nous devons faire
ou
ne
pas
faire pour libérer, comme nos
aînés
en
1959,
notre
Congo
du
joug
de
l'occupation,
sur
ce
que
nous
devons
faire
ou ne
pas
faire
pour mettre
fin
au festin
des occupants.
Car
le
Congo, qui
est
systématiquement
dépouillé et
ruiné, le
Congo,
qui
subit
l’entreprise
la
plus
horrible
encore
de
démoralisation
et
de
barbarie,
poursuivi
diaboliquement par
ceux
qui
ont
décidé
de
sa disparition, demande à
toutes
ses
filles
et
à
tous
ses
fils
de
ne
pas
renoncer
au
combat
au
nom plus spécialement
de
ses cinq millions
de
morts
qui
nous
regardent
passer
avec
l’indifférence
de
vaincus
devant
les
restes
de
leurs
dépouilles
et
continuer de
survivre
sans
combattre,
et
nous
disent
:
«Passant
congolais,
toi
qui
vas
à
Kinshasa,
apprend
au
pays
et
à
la
mère
patrie
que
nous,
martyrs
congolais,
morts
de
violence
ennemie
et
dans
l'indifférence
totale
de
la
communauté
internationale
des
nations
civilisées,
gisons
ici
dans
nos
terres
orientales
d’Ituri, de
Kisangani,
du
Kivu et
du
Maniema,
dans
nos
terres
du
Katanga, du
Kasaï
et de
l’Equateur,
du
Bandundu,
du
Bas-Congo
et
de
toutes
les
contrées
du
Congo-Zaïre
dans
de
fosses
communes,
sans
sépulture,
humiliés
par
l’ennemi,
trahis
et
abandonnés
par
certains
de
nôtres,
mais
fidèles
à
la
patrie
et
obéissants
au
devoir
civique.
Passant
congolais,
souviens-toi
de
ce que
fut
autrefois
la
patrie, n’abdique
pas,
tu
dois continuer
à
combattre.
Les
mêmes moyens
qui
nous
ont
vaincus
peuvent
faire
venir
la
victoire».
Mes
chers
compatriotes,
toutes
les
explications
du
monde
ne
justifieront
pas
que la
Communauté
internationale
des
«nations civilisées»
ait
pu
livrer à
la
barbarie
l’honneur
et
le
destin
du
peuple
congolais
et
aux
charognards
la
dépouille
de
nos
morts.
Et
c’est
au
nom
de
la
conscience
du
peuple congolais,
hier
zaïrois,
asservi
et
torturé
dans
son
âme
et
dans
sa
chair
que
je
vous
invite
à
vous
engager
désormais
dans
une
nouvelle
forme
de
combat intelligent
que
je
qualifie,
depuis
mon
message
du
11
février
2006,
de
résistance
active
contre
le
projet
malveillant
de
ceux
qui
rêvent
de
l’implosion de
notre
patrie.
Mes
chers
compatriotes,
parmi
les
événements
douloureux
qui
marqueront
la
fin
tragique
de
l'année
2007,
l'échec
de
l'offensive
militaire
de
nos
Forces
armées
pour
défaire
la
rébellion dans
le
Kivu,
résume
mieux
que
tout
les
menaces
et
les risques
qu'un
grand
pays
en voie de
démembrement comme le
notre
doit
savoir
affronter. J'attire votre
attention
patriotique
sur
les
risques
de
balkanisation
de
notre
pays
consécutive
à
l'intensification
des
conflits
que
génère
la
persistance
de
l'instabilité
et
de
l'insécurité
entretenues
par
des «
puissances occultes
»
dans nos
terres
orientales. Ma
préoccupation
profonde est
de
vous
dire
que
si nous ne
prenons
pas
garde notre Kivu connaîtra
le
même sort
que
le
Kosovo
dans
l'ex
Yougoslavie.
En
ce
moment
où
la
rébellion
entretenue
par
certains
pays
voisins,
continue,
de
manière
sournoise
et
avec
la
complicité
de
certains
des
nôtres à
détruire
tout
ce
qui nous est
cher,
nous ne
pouvons
plus
nous contenter d'un
discours
de
dénonciation.
Comment
pouvons
nous
accepter
l'humiliation
infligée
à
notre
Patrie
sans
réagir
?
Pourquoi
ce
pacifisme
suicidaire? Est-ce-que
notre
Congo
n'est
pas
une cause
à
défendre? Toutes
ces
questions se
posent. Il
est
facile
d'en
rester
au
point
où
nous
en sommes.
Facile de
penser
que
l'