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Message du Président de l’UNIR MN
aux filles et fils de la Patrie, à l’Eglise et aux Confessions
religieuses
gardiennes des valeurs et de la pratique du culte au Congo-Zaïre
(publié à Kinshasa le 15 octobre 2004 dans le quotidien "Le Potentiel", édition n. 3251)

Mes très chers compatriotes,
Filles et fils de la Patrie,
En dépit de l’agitation qui anime la constellation politique
congolaise, liée pour l’essentiel à l’annonce par le gouvernement de
la feuille de route relative à l’organisation des élections,
l’immense majorité de nos concitoyens ainsi qu’un certain nombre
important des dignitaires même de la transition et non de moindres,
qui ne se trompent pas sur l’issue de celles-ci, reconnaissent
l’impuissance du système de gouvernement 1+4 à résoudre les
problèmes qui assaillent notre pays. Face à l’incapacité des
décideurs politiques congolais à susciter l’unité, ou, du moins, un
consensus propre à développer une concorde nationale féconde, nous
ne devons pas démissionner devant notre responsabilité patriotique
en abandonnant à son sort notre pays. Nous n’avons pas le droit
d’assister impuissant à la destruction de notre pays qui agonise.
Car oui, notre Congo-Zaïre agonise. Notre patrie ne cessera
d’agoniser que dans les prochains temps où tous ensemble nous
prendrons nos responsabilités. L’attitude de « voyons voir » n’est
qu’un passe temps. Personne ne viendra résoudre les problèmes de
notre Congo-Zaïre à notre place durant notre observation passive.
Tout le monde est donc appelé à donner sa contribution. Aussi
j’invite les filles et fils de notre chère patrie, où qu’ils se
trouvent, à s’organiser efficacement pour restituer un sens à
l’avenir et éviter, par voie de conséquence, la disparition
programmée de notre Congo-Zaïre ou sa mise sous tutelle
internationale.
Mes chers compatriotes, on ne combat que pour ce que l’on aime ; on
aime que ce qu’on estime ; et pour estimer, il faut au moins
connaître. Seuls, ceux qui ont appris à apprécier la grandeur
historique, culturelle, spirituelle et intellectuelle de notre
patrie, ceux qui, comme vous, vivent au quotidien les dures réalités
de l’existence, peuvent ressentir, et ressentent le sentiment
douloureux de lui appartenir encore aujourd’hui, demain et pour
toujours. Voilà en quel sens certains événements, certaines époques,
certains images et certains souvenirs nous portent des larmes aux
yeux, et ceci au regard de ce qu’est devenu notre pays. Comment
pouvons nous accepter l’humiliation infligée à notre patrie sans
réagir? Certes, la situation de notre pays est très mauvaise, mais
moins désespérée qu’il y paraît. Et c’est maintenant que nous devons
combattre l’absurde pour faire réapparaître l’Etat. L’Etat légitime,
parce qu’il doit reposer sur l’intérêt et le sentiment de la nation
; l’Etat dont la souveraineté réelle est transportée ailleurs par
cette arnaque politique d’outre-tombe dite Accord global et
inclusif, tandis que la servitude n’en conserve que l’apparence ;
l’Etat sauvegardé dans ses droits, sa dignité, son autorité, au
milieu des vicissitudes, du dénuement et de l’intrigue politique ;
l’Etat préservé des ingérences de l’étranger et capable de traiter
d’égal à égal avec toutes les autres nations ; l’Etat capable de
rétablir autour de lui l’unité nationale, de préserver l’ordre
public, de faire rendre la justice et de commencer notre
reconstruction.
Si cette mission sacrée doit être réalisée en dehors du cadre
intérieur des institutions, c’est parce qu’une partie fondamentale
de celles-ci n’a pas répondu aux nécessités nationales et qu’elle a
d’elle-même abdiqué dans la tourmente. Le salut doit venir
d’ailleurs.
Ce salut viendra d’abord d’une élite, spontanément jaillie des
profondeurs de la nation et qui, bien au-dessus de toute
préoccupation de parti ou de composantes politiques chères au
système de gouvernement 1+4 et nuisible à une bonne gouvernance, se
dévouera au combat pour la libération, la grandeur et la rénovation
du Congo-Zaïre.
Conscience de sa force morale, sentiment d’exercer une sorte de
sacerdoce du sacrifice et de l’exemple, confiance souveraine en la
force des filles et fils du Congo-Zaïre et en la détermination de sa
puissante action aussi bien qu’en la victoire et en l’avenir de la
patrie : telle est la psychologie de ces enfants du Congo qui ont
entendu rester à l’écart de la mêlée politicienne, consacrée par
l’Accord global et inclusif, dont on recherche encore les retombés,
mais alors qu’en réalité on ne fait que consolider le dépouillement
de la nation.
Ces enfants de la patrie ne réussiront cependant point sans
l’assentiment de l’immense masse des filles et fils du Congo-Zaïre.
Celle-ci, en effet, dans sa volonté instinctive de survivre et de
triompher n’a jamais vu dans le désastre actuel qu’un moment
douloureux de la conjuration régionale contre notre pays et de la
compromission des hommes politiques de la RDC. Comme vous, je n’ai
jamais pensé que l’affaiblissement de notre pays était irréversible.
J’ai toujours pensé que demain corrigerait hier et que la dernière
victoire reviendra aux filles et fils du Congo-Zaïre. Nous serons
vainqueurs, n’en doutez pas. Mais nous serons vainqueurs grâce à
cette même souffrance infligée à notre peuple, à ce long cheminement
qui nous a fait trouver nos raisons, à cette souffrance dont nous
avons senti l’injustice et tiré la leçon. Mais une victoire qui aura
un prix. Pour cela nous devons combattre d’abord ce pacifisme
suicidaire qu’on a inoculé dans le cœur de notre peuple, sans pour
autant tomber dans le bellicisme absurde et stérile qui a entraîné
notre pays dans la déchirure avec plus de deux millions de morts de
nos compatriotes.
Notre résistance au projet malveillant de ceux qui rêvent de
l’implosion de notre patrie doit nous unir spirituellement dans un
même combat. Nous devons utiliser toute notre énergie spirituelle
pour le salut de notre patrie. Pour le salut de notre Congo-Zaïre,
nous devons faire une symbiose entre la pratique dévouée de la
religion et du culte et le patriotisme militant. Le langage,
l’esprit, chacun des actes de la vie spirituelle et cultuelle doit
être mis au service de l’idéologie patriotique. Et l’invocation
pusillanime que nous adressons aujourd’hui au ciel : « Seigneur,
aides nous et rends nous libres », doit se transformer dans l’esprit
de tous les filles et fils du Congo-Zaïre en cette ardente prière :
« Dieu Tout-puissant, réveilles notre conscience patriotique et
citoyenne, réveilles notre courage et nos forces ; sois aussi juste
que tu le fus toujours ; décide maintenant si nous méritons la
victoire et la liberté ; Seigneur, bénis notre cause, rends notre
mission aussi sacrée que celle des apôtres, rends notre glaive aussi
tranchant que l’épée de Saint Pierre l’apôtre, aides nous à faire de
notre territoire un nid de frelons insusceptible de conquête».
Dorénavant nous devons toujours garder dans notre esprit que
contrairement à ce que nous pensions naïvement parfois, l’esprit
seul ne peut rien contre l’épée, mais que l’esprit uni à l’épée est
le vainqueur éternel de l’épée tirée pour elle-même.
Mes chers compatriotes, j’entends de temps en temps, ici où là, des
critiques infondées, voir même des moqueries sur une prétendue
nuisance de la religiosité ou du moins la pratique dévouée de la
religion et du culte avec piété par les masses populaires
congolaises. Certains osent même comparer la pratique de la foi à un
anesthésiant paralysant toutes les facultés patriotiques et
citoyennes des populations du Congo-Zaïre. Et d’autres vont jusqu’à
soutenir que la pratique du culte procure aux congolais une ataraxie
suicidaire, ou du moins une quiétude absolue de l’âme insensible aux
menaces sérieuses qui pèsent sur l’existence de notre pays. Ces
critiques infondées ne peuvent pas laisser indifférents ceux qui
sont sensibles à la cause des filles et fils du Congo-Zaïre. Non !
la pratique de la foi religieuse n’a pas anesthésié l’engagement
citoyen et patriotique de la masse populaire congo-zaïroise.
L’engouement à la vie religieuse s’est produit précisément à une
époque où, par ailleurs, tout commençait à s’amollir et à chanceler,
et où, dans ces conditions les bases des traditions et de la morale,
menaçaient de s’écrouler. La pratique du culte a eu au moins le
mérite de conférer une importance décisive à la question de solidité
intérieure de filles et fils du Congo-Zaïre et leur a permis de
résister aux ténèbres. On doit plutôt s’élever sévèrement contre les
misérables marchands de l’illusion spirituelle qui ont par trop
alourdi l’idée religieuse d’accessoires purement temporels et qui
veulent voir, dans la religion, un moyen susceptible de servir leurs
intérêts politiques et leurs affaires : parce que le pire ce sont
les dégâts causés par le mauvais emploi de la conviction religieuse
à des fins autres que spirituelles. Ce que nous vivons aujourd’hui,
ce que nous voyons autour de nous, ce que nous éprouvons en nous, ce
sont les épouvantables conséquences d’une vie politique de trente
deux années de pensée unique et du parjure commis depuis la «
révolution » de mai 1997. Elles ont porté un trouble profond dans
notre intelligence et notre raison. Et maintenant où les bases des
traditions et de la morale s’écroulent sous l’effet de la misère, il
est irrévérencieux de stigmatiser ce refuge digne pour ceux qui
n’ont rien à attendre des décideurs politiques du Congo. Je pense
que si l’enseignement et la foi religieuse portent efficacement sur
les couches les plus étendues, alors l’autorité incontestable du
contenu de cette foi doit être le fondement de toute action efficace
pour la réconciliation nationale. Nous devons plutôt rendre hommage
à l’Eglise et aux confessions religieuses qui se sont engagées, sans
hésitation, au service de la nouvelle « raison d’Etat », en
dispensant à nos concitoyens des enseignements fondamentaux de
l’instruction civique relatifs aux scrutins.
Mes chers compatriotes, prenons-nous tels que nous sommes. Prenons
ce siècle spirituel comme il est. Nous devons plutôt mener à bien,
malgré d’immenses difficultés, une rénovation profonde, qui conduise
les filles et fils de notre patrie à plus d’aisance, de sécurité, de
joie. Nous avons à conserver l’unité encore fragile de notre pays,
conquise avec tant et tant de peine. Nous avons à assurer le destin
du Congo-Zaïre au milieu de tous les obstacles qui se dressent sur
sa route et sur celle de sa paix intérieure. Soyons assez lucides et
assez forts pour observer des règles de vie nationale qui tendent à
nous rassembler quand, sans relâche, nous sommes portés à nous
diviser contre nous-mêmes ! Depuis 1960, notre histoire, c’est
l’alternance des immenses douleurs d’un peuple et des fécondes
grandeurs malheureusement passagères d’une nation toujours à la
recherche d’elle-même et de sa stabilité.
Mais aujourd’hui, le point le plus bas du découragement des filles
et fils du Congo-Zaïre doit être surmonté. Toute la patrie doit
puiser dans ce message d’éveil, une prise de conscience patriotique
et citoyenne, une nouvelle espérance et un nouveau courage. La
conviction que maintenant, malgré tout, la victoire de la patrie est
inéluctable, doit commencer à s’emparer de nous mais avec prudence
et intelligence. Le torrent d’une foi splendide doit se déverser
maintenant dans nos cœurs et nous faire attendre avec une prudente
assurance l’arrivée de temps de réconciliation et de reconstruction.
Mes chers compatriotes, je vous prie, au nom de tous nos
compatriotes qui souffrent de la faim, de la maladie, de la
solitude, de violence des armes, et en hommage à tous les filles et
fils du Congo-Zaïre qui sont morts pour la cause nationale, à tous
les martyrs de guerres et troubles qui ont déchiré notre patrie, de
consacrer les prières de ces samedi 16 et dimanche 17 octobre à la
rédemption de la patrie de l’ignominie de politiciens congolais qui,
en se mettant à la solde de l’indignité, nous ont arraché nos armes,
brisé moralement et physiquement nos forces et on vendu pour rien la
patrie réduite à l’impuissance.
Frédéric Boyenga Bofala,
Président de l’UNIR MN
Mu dina dia Yezu Kristo, Mvidi Mukulu wa butumbi, Mulopo tshipapayi,
upapa ne mitshi mwitu, anubeneshe, ele mwana yonso wa Congo-Zaïre
lupemba ne anupe makanda a kukanana nau bubi ne tshinyangu.
Meme wenu, Frédéric Boyenga-Bofala, Président wa UNIR-MN
Na zina ya Mfumu na beto Yezu Kristu, mono ikele kulomba nde na mawa
ti na mawete na yandi, Mfumu Nzambi kusampula banketo ti babakala
yonso ya Congo-Zaïre, yandi kupesa bo ngolo ya kunwana ti mpasi
yonso ya beto ikele na yo.
Ntwadisi ya UNIR-MN, Frédéric Boyenga-Bofala
Mibaraka ya Mungu iwe nanyi nyote katika utukufu na jina lake Yesu
Kristo. Awapatié nguvu zake ili muweze kubaki wanyofu mkingojea
katika imani mwanga wa amani itakayotolewayo na Nyota ya asubui juu
ya jamhuri yetu ya Congo-Zaïre.
Prezidenti wa chama cha UNIR-MN, Frédéric Boyenga-Bofala
Na kombo ya Yezu Kristu, nasengi ete Tata Nzambe na mawa mpe na
nguya na ye, a benisa basi, mibali, bilenge na bana nyoso ya
Congo-Zaïre, apesa bino makasi ya kobunda na mpasi oyo tozali na
yango.
Wa bino ndeko, Frédéric Boyenga-Bofala, mokambi ya lingomba UNIR-MN
www.unir-mn.org
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