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LA
MISE EN PLACE D'UN PACTE DE STABILITE REGIONALE ET D'UNE ORGANISATION
DE SECURITE ET DE DEFENSE MUTUELLE DANS LA REGION DES GRANDS LACS,
DE L'AFRIQUE CENTRALE, OCCIDENTALE SUD ET ORIENTALE
La sécurité du Congo-Zaïre
est indissociable de celle de tous les autres Etats de notre espace
régional. La réconciliation interafricaine doit être
accompagnée d'une perspective politique. La Paix et la sécurité
régionales ne sauraient être sauvegardées sans
des efforts créateurs à la mesure des dangers qui
les menacent. Entre des peuples qui sont géographiquement
groupés, comme les peuples de la Région des Grands-lacs,
de l'Afrique Centrale, Occidentale sud et Orientale, il doit exister
une sorte de lien confédéral protecteur. Le génocide
au Rwanda en 1994 et la guerre qui déchire le Congo-Zaïre,
dont la première phase remonte à l'automne 1996, la
guerre au Congo-Brazzaville, la rébellion en Angola, les
petites mutineries sporadiques des armées en République
centrafricaine ont montré qu'aucun de nos pays ne peut prétendre,
seul, à une défense sérieuse de son indépendance,
à une sécurité efficace de son territoire.
Aucun de nos pays ne peut résoudre, seul, les problèmes
que lui pose sa stabilité ; il importe alors de réaliser
les premières assises concrètes d'une Organisation
régionale, indispensable à la préservation
de la Paix. C'est pourquoi notre jeune mouvement préconise
de créer entre tous les Etats de la Région un partenariat
constructif, afin de promouvoir davantage la sécurité
et la stabilité dans une Région des Grands-lacs, de
l'Afrique Centrale, Occidentale sud et Orientale libre et débarrassée
de toute division, en tenant compte des aspects politiques, économiques,
sociaux et écologiques, comme de l'indispensable dimension
de Sécurité et de Défense.
L'institution et la sauvegarde, sur l'ensemble de la Région,
des sociétés démocratiques libres de toute
forme de coercition ou d'intimidation sont pour nous une préoccupation
directe et bien réelle, comme elles le sont pour tous les
autres Etats de la Région. Le meilleur moyen de préserver
notre sécurité commune serait de conclure un Pacte
de stabilité sur la sécurité et la défense,
de développer un réseau de relations et d'institutions
liées, formant une architecture globale.
LA
CONVOCATION D'UNE CONFERENCE INTERGOUVERNEMENTALE SUR LA SECURITE,
LA PAIX ET LA COOPERATION REGIONALE
Notre espace régional est condamné à l'insécurité
et ne connaîtra jamais la paix et la stabilité si on
ne résout pas l'épineux conflit qui déchire
les tutsi et les hutus au Rwanda et au Burundi, le conflit au Soudan,
si on ne pose pas les bases d'une véritable réconciliation
nationale au Congo-Zaïre, si en Angola on ne met pas fin à
la rébellion au Cabinda, si on ne consolide pas la réconciliation
nationale au Congo Brazzaville. Aussi l'UNIR MN sollicite le concours
de l'ONU et de l'Union européenne et de ses Etats membres,
avec le concours déterminant des Etats Unis d'Amérique
pour la promotion de la stabilité et de la paix dans la Région
des Grands lacs, de l'Afrique Centrale, Occidentale sud et Orientale.
C'est pourquoi elle demande à l'Union européenne de
faciliter la convocation d'une Conférence intergouvernementale,
réunissant les Chefs d'Etat et de gouvernement de la Région
sur la sécurité, la défense, la paix et la
coopération dans cet espace régional de l'Afrique,
avec lequel certains de ses Etats membres ont une proximité
historique.
L'UNIR MN estime que les chefs d'Etat et de gouvernements de la
Région auront là l'occasion pour examiner les moyens
de développer l'identité régionale dans le
domaine de la sécurité et de la défense. Les
mandats assignés à la Conférence intergouvernementale
sont l'adoption du Pacte de Stabilité Régionale et
la mise en place d'une Organisation de Sécurité et
de Défense Mutuelle. Ce Pacte de stabilité est appelé
à régler le problème de la sécurité
et de la défense, des minorités et à renforcer
l'inviolabilité des frontières.
LE PACTE DE STABILITE REGIONALE SUR LA SECURITE ET LA DEFENSE
L'UNIR MN estime que, à défaut d'un Pacte de Stabilité
librement conclu, notre espace régional est condamné
à l'insécurité. C'est pourquoi elle préconise
l'instauration d'une coopération en matière de Sécurité
et de Défense régionale. Il s'agit de mettre en place
des mécanismes de contrôle et de surveillance de nos
frontières communes afin d'éviter et de prévenir
toute menace contre la paix dans la Région, de coordonner
nos actions contre le terrorisme régional et le crime organisé,
de mettre en place les mesures propres au maintien, au rétablissement
de la paix et de la sécurité dans la Région.
Dans cet esprit, les Etats parties au Pacte doivent affirmer leur
obligation et leur engagement à s'abstenir de recourir à
la menace ou à l'emploi de la force contre l'intégrité
territoriale ou l'indépendance politique d'un Etat, de tenter
de modifier des frontières existantes par la menace ou l'emploi
de la force, et d'agir de toute manière contraire aux buts
ou aux principes du Pacte.
Le Pacte de stabilité sur la Sécurité et la
Défense doit reposer sur le principe de la solidarité
militaire entre les parties contractantes, et contenir une clause
de non-ingérence dans les affaires intérieures d'un
autre Etat, interdisant, par la même occasion, toutes formes
de soutien par un Etat contractant à des groupes rebelles
et/ou sécessionnistes. En substance, il s'agit de mettre
en place un mécanisme de légitime défense collective,
une sorte d'actio popularis contre tout Etat qui oserait violer
les engagements souscrits, en recourant par exemple à des
actes d'agression ou à des tentatives de déstabilisation
de la sécurité intérieure d'un autre Etat partie.
Ce Pacte doit, par ailleurs, prévoir la possibilité
pour le Conseil de sécurité des Nations unies de constater
l'existence d'un acte d'agression, d'une menace contre la paix ou
d'une rupture de la paix et, pour les Nations Unies d'intervenir,
en vertu des chapitres VII et VIII de la Charte, aux fins de maintenir
la paix et la sécurité dans la Région, si les
Parties au Pacte estiment que l'exécution des mesures décidées
sera plus efficiente dans le cadre des opérations menées
sous les auspices de l'ONU plutôt que dans le cadre du Pacte.
Toutefois, il convient de rappeler que la Stabilité doit
se conjuguer dans la durabilité et l'effectivité.
C'est pour cette raison que l'UNIR MN propose que tout Etat partie
au Pacte lance sur son territoire un dialogue national, prélude
à l'établissement d'un Etat démocratique, régi
par la primauté du droit, le respect des droits inviolables
de la personne humaine et de la règle fondamentale universellement
admise, c'est-à-dire le principe selon lequel " un homme
= une voix " (one person, one vote). Pour ce qui concerne le
Rwanda et le Burundi nous ne pensons pas que la solution d' "
un homme = une voix " soit la meilleure dans le contexte politique
et le climat social actuels dans ces deux Etats.
Il existe, en effet, dans ces pays un déséquilibre
démographique entre les populations tutsies et hutues qui
ne permette pas une application effective de ce principe du droit
électoral. Il serait irresponsable de soutenir l'application
stricto sensu de ce principe au Rwanda et au Burundi en l'absence
d'une véritable réconciliation nationale. Il faut
réfléchir à la mise en place d'un système
de démocratie électorale permettant de corriger le
déséquilibre démographique, et capable d'asseoir
définitivement une coexistence nationale pacifique entre
les populations tutsies et hutues. Mais en définitive et
pour ce qui concerne les Etats où existent des minorités
ethniques, que celles-ci soient prises en compte et effectivement
protégées, par l'insertion d'une " Clause Minorité
" dans la Loi fondamentale de l'Etat, ce conformément
aux divers textes internationaux existants (on pense ici, tout particulièrement,
à l'article 27 du Pacte des Nations Unies sur les droits
civils et politiques de 1966 ainsi qu'à la Résolution
47/135 de l'Assemblée générale de l'ONU du
18 décembre 1992).
LA MISE EN PLACE DE L'ORGANISATION DE SECURITE ET DE DEFENSE
MUTUELLE (OSDM)
Nous ne pouvons nous contenter de l'immobilisme quand autour de
nous le monde est mouvement. Nos peuples doivent apprendre à
vivre ensemble sous des règles et des institutions communes
librement consenties s'ils veulent atteindre les dimensions nécessaires
à leur progrès et garder la maîtrise de leur
destin. Les nations souveraines du passé ne sont plus le
cadre où peuvent se résoudre les problèmes
qui déchirent actuellement notre espace régional.
La contribution qu'une organisation confédérale de
sécurité et de défense peut apporter à
la civilisation régionale est indispensable au maintien des
relations pacifiques dans notre espace géographique commun.
L'heure n'a jamais été plus propice ni plus pressante
pour l'inauguration d'une uvre constructive dans notre Région.
C'est pourquoi notre jeune mouvement préconise la création
d'une Organisation régionale avec l'ambition de reconstituer
la Grande famille des Grands-lacs, de l'Afrique Centrale, Occidentale
sud et Orientale et de lui fournir une structure qui lui permette
de vivre et de croître en paix, en sécurité
et en liberté : " c'est une grande ambition, un objectif
qui peut paraître à certains irréalisable, en
tout cas de très longue haleine ; il exigera un persévérant
effort. Il ne sera peut-être pas plus aisé d'harmoniser
des intérêts politiques qui ont été fabriqués
par plus d'une décennie de combats militaire, d'influences
diplomatiques, d'inimitiés, parfois de haines entre nos peuples
; et pourtant, il faudra bien le faire " .
Nous sommes convaincus que la stabilisation de notre espace géographique
commun ne se fera pas d'un coup, ni dans une construction d'ensemble,
mais par des réalisations concrètes créant
d'abord une solidarité de fait. C'est la raison pour laquelle
la création d'une Organisation de Sécurité
et de Défense Mutuelle (OSDM) réunissant les Etats
de la Région des Grands-lacs, de l'Afrique Centrale, Occidentale
sud et Orientale constitue non seulement une réponse aux
conflits qui continuent de ruiner nos pays, mais surtout une véritable
et première tentative d'Organisation de sécurité
et de défense collective régionale.
L'OSDM sera sur la base du chapitre VIII et, plus particulièrement,
de l'article 52 § 1 de la Charte des Nations Unies. Les actions
prévues dans le cadre de l'OSDM seront fondées sur
le droit naturel de légitime défense collective, prévu
à l'article 51 de la Charte de Nations Unies. La solidarité
qui sera nouée en matière de sécurité
et de défense manifestera que toute guerre entre les Etats
de la Région devient non seulement impensable, mais matériellement
impossible. L'UNIR MN a recherché dans la stratégie
de gestion commune de la sécurité et de la défense
régionale une simple solution aux risques d'explosions.
L'OSDM sera dotée des mécanismes permanents de prévention
des conflits et de rétablissement rapide de la paix dans
la région. Il s'agira donc de mettre en place les moyens
en structure et en hommes pour permettre à la nouvelle Organisation
de disposer d'une capacité active et réactive dans
le domaine de la diplomatie préventive et coercitive, du
rétablissement et du maintien de la paix conformément
au Pacte de stabilité régionale ainsi qu'aux dispositions
de la Charte de Nations Unies.
Pour rendre efficace et opérationnelle la nouvelle organisation,
l'UNIR MN estime judicieux de définir les conditions d'une
coopération et d'une collaboration accrue entre l'OSDM, l'UEO
et l'OTAN dans le domaine du rétablissement et du maintient
de la paix et de la sécurité internationale.
En définitive, l'organigramme institutionnel proposé
par l'UNIR MN est le suivant :
1) Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement (organe
d'impulsion)
2) Conseil des ministres des affaires étrangères et
de la Défense
3) Conseil des ministres des Affaires intérieures et de la
sécurité
4) Assemblée interparlementaire sur les affaires étrangères,
la défense et la sécurité
5) Comité d'état major des armées
6) Un Secrétariat permanent. Au début, les services
du Secrétariat pourraient être confiés au gouvernement
chargé, par roulement, de la présidence de l'Organisation.
Congo-Zaïre Notre Cause est un appel à la conscientisation.
Il exprime notre préoccupation de voir tous les filles et
fils de notre pays sortir de l'attentisme. Pour me décider
à le publier, il n'a pas fallu moins que le désir
où je suis de contribuer, pour notre faible part, à
exhorter nos compatriotes à prendre conscience de la situation
réelle de notre pays, à prendre l'engagement décisif
pour sortir notre pays du calvaire d'une misère effroyable.
C'est donc un document d'un militantisme patriotique qui peut paraître
dur. J'ai cherché simplement à toucher le patriotisme
de tous ceux qui ont encore un grand espoir en l'avenir de notre
Congo-Zaïre, et aussi à mettre en garde nos compatriotes
contre deux fléaux qui nous ont causés du tort : l'obscurantisme
politique et l'inculture patriotique et citoyenne. Il porte également
notre souci de voir pour bientôt tous les acteurs politiques
du Congo-Zaïre réconciliés, rassemblés,
sans distinction de tendances politiques sociales et culturelles
dont chacun de nous a le droit de se réclamer, autour d'un
projet républicain pour reconstruire notre pays sur la base
de l'intégrité territoriale, de la souveraineté,
de l'Etat de droit et de la démocratie. Telle est notre mission
sacrée.
Notre deuxième souci est de voir s'instaurer une véritable
paix dans notre espace régional à travers une Organisation
régionale bien structurée. Unir et rassembler comme
ont su le faire les Etats-Unis d'Amérique, comme commence
à savoir le faire l'Europe, comme on aperçoit naître
des unions dans le Sud-est asiatique, en Afrique, ce n'est qu'un
début. La synthèse entre cette tendance au regroupement
pour éviter les dissentiments inutiles et, d'autre part,
le besoin de chaque individu, de chaque groupe d'individus d'affirmer
son identité. Voilà, la tâche qui nous attend
pour la réconciliation et la paix dans notre Région.
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